Le Québec exhorté à réformer le paysage des jeux d’argent en ligne
Le Québec fait face à une pression croissante pour légaliser et réguler les jeux d’argent en ligne, alors que des pertes de revenus massives et le recours aux opérateurs offshore mettent en évidence les limites du monopole actuel.
Depuis 2022, l’industrie des jeux d’argent en ligne au Canada a été transformée. C’est cette année-là que l’Ontario a ouvert ses portes numériques aux casinos et aux opérateurs de paris sportifs agréés, et d’autres ont suivi.
Malgré cette ouverture, le Québec a jusqu’à présent refusé de changer d’avis sur la question. Les jeux d’argent en ligne en dehors du monopole provincial restent illégaux, mais le gouvernement subit une pression croissante pour assouplir sa législation.
Accès à une zone grise
Bien que les résidents du Québec ne puissent légalement jouer ailleurs que sur la plateforme publique, ils peuvent accéder à des opérateurs de jeux d’argent offshore. Ces sociétés sont des marques établies qui acceptent volontiers des clients de tout le Canada et d’ailleurs. Le fait qu’il existe des restrictions locales ne leur pose aucun problème et ils continuent d’opérer au grand jour.
Lors du Sommet canadien du jeu en juin, les délégués ont suggéré que le Québec pourrait perdre jusqu’à 2 milliards de dollars canadiens de revenus. Les joueurs veulent accéder aux jeux et se tournent vers les opérateurs offshore. Alors que cet argent s’échappe de la province, le gouvernement est exhorté à reconsidérer son interdiction des jeux d’argent en ligne.
Avantages et inconvénients
Il y aura toujours des arguments pour et contre les paris en ligne avec de l’argent réel, et ce sont des facteurs que chaque province a dû prendre en considération. Le plus grand avantage, pour la plupart des régions, concerne les revenus prévus. La légalisation des jeux en ligne peut donner un coup de pouce significatif aux recettes provinciales, comme le prouve l’Ontario.
Depuis l’ouverture du marché à l’ensemble du secteur en avril 2022, les revenus générés par les jeux d’argent en ligne ont atteint 3,2 milliards de dollars canadiens. Ce sont des sommes que la plupart des autres provinces ont eu du mal à ignorer.
La légalisation de cette pratique contribue également à réduire le besoin de rechercher des opérateurs malhonnêtes. Les joueurs continueront à se tourner vers des sociétés offshore, mais cette envie sera atténuée par l’augmentation du nombre de plateformes locales.
Il est clair que le Québec met l’accent sur les pertes de revenus. Les chiffres montrent le potentiel de revenus, et le récent sommet suggère que jusqu’à 2 milliards de dollars canadiens quittent l’État.
Pression de la coalition
La Coalition québécoise des jeux en ligne (QOGC) a présenté un plan de collaboration avec le gouvernement provincial afin de mettre en place un cadre réglementaire. La QOGC est soutenue par certaines des plus grandes marques du secteur, dans le but de renforcer la participation du secteur privé.
Ariane Gauthier, porte-parole de la QOGC lors du Sommet canadien sur le jeu, estime que les élections provinciales de 2026 seront le catalyseur du changement dans le secteur.
Les jeux actuels gérés par le gouvernement sont critiqués pour de nombreuses raisons, et on dit également que les prix ne sont pas en phase avec l’inflation. Loto-Québec fait cavalier seul pour l’instant, mais la Coalition québécoise des jeux en ligne estime que le système stagne.
Le manque de valeur perçu sera une autre raison pour laquelle les joueurs se tourneront vers des opérateurs offshore. Il semble peu probable que des mesures concrètes soient prises avant les élections de 2026, mais le lobbying a commencé et le secteur des jeux d’argent en ligne au Québec subit de fortes pressions pour changer.